Vous êtes ici

Les expositions

Le site se compose d’une bâtisse principale de 3 600 m² et de quatre bâtiments se déployant autour d’une cour et d’une allée arborée, dans un parc de près de 3 hectares. Ses dimensions exceptionnelles orientent le projet artistique dans le sens d’une valorisation du geste artistique d’aujourd’hui. C’est pourquoi l’accent est mis sur l’accueil et le développement de résidences de création.
 

Reportage de France 3 Centre Val de Loire diffusé en avril 2018

 

Galerie Haute - Formes d'histoires

Exposition du 28 avrilau 2 septembre 2018 - Galerie Haute

Si l’exposition inaugurale Histoire des formes privilégiait l’approche formaliste et silencieuse de l’oeuvre d’art, Formes d’histoires est à découvrir comme un retournement qui place le récit au coeur de l’oeuvre, vers la forme d’histoire qu’elle contient dans ses coutures, ses replis, ses accidents de matière.

Figure tutélaire de cette exposition, Erik Dietman parlait ainsi de « panser les choses », comme pour les préserver d’une lecture trop directe et autoritaire, les libérer d’un réel réducteur pour leur imaginer une nouvelle renaissance, une inscription dans le merveilleux et le féérique, le mystérieux et le grotesque, la poésie et le secret.

L’oeuvre devient un corps mouvant, façonnée de l’intérieur par de multiples formes d’histoires qui sont aussi les nôtres.

En déjouant la question du goût, les étiquettes réductrices du laid et du beau, les « formes dansées » de Javier Pérez rejoignent ces glissements dietmaniens. Elles introduisent aux registres interprétatifs de la métamorphose et de la transformation, qui depuis les célèbres Métamorphoses d’Ovide font du travail de la langue, de l’imaginaire et des mythes un outil de compréhension du réel.

Chez Marion Baruch, Marie-Ange Guilleminot et Vanessa Schindler, le corps est abordé par le prisme d’un vêtement officiant comme une nouvelle peau. Ainsi, la forme se pare d’une « allure », c’est à dire de cette façon d’apparaître, de se montrer, indissociable de celle de se mouvoir, insaisissable, dans l’éventail du sens et de son activation.

La forme d’histoire dont ces objets sont « parés », travaillés, agités, façonnés s’assimile parfois à une charge (Céline Cléron, La mort du petit cheval). Ce poids de l’histoire se porte aussi parfois à dos d’homme (François Merelle), il apparaît comme un aveu de notre part d’animalité. Et lorsque cette histoire ne trouve plus où s’exprimer, elle vibre à fleur de peau (Marion Verboom) et se boursouffle dans la beauté obscène de ses intérieurs, comme libérée dans sa chair même (Anne Ferrer, Les carcasses). Chez Cathryn Boch, la surface épidermique se lamine et s’abrase, nourrie par des sucs qui émoussent la fibre et la libère. De cette charge, le récit s’empare également en faisant migrer le sujet vers des identités d’emprunt. Dans Le révolutionnaire Blagoy Füssad Moz, Erik Dietman assemble sur un banc d’école – là où l’esprit encore malléable s’éduque et se dompte, s’échappe et vagabonde par ennui – les figures de Blake, Goya, Fusslï, Sade et Mozart. Ailleurs, le corps s’étale comme une dépouille, il se fait toile et la toile se fait corps (Amandine Guruceaga, Jean-François Lacalmontie).

L’exposition pourrait ainsi se lire comme un tableau de chasse, dans le sens métaphorique que lui donnait Jean Renoir avec La Règle du jeu ; la poursuite et la quête de ce qui apparaît subrepticement de réel dans un monde en représentation constante. Lieu de transformation de la matière vivante, les tanneries s’explorent également symboliquement sous l’angle de cette réécriture sensible de l’existant.

 

Reportage de France 3 Centre Val de Loire diffusé en janvier 2018

 

Petite Galerie - RANDOM

Exposition du 4 février au 29 avril 2018 - Petite Galerie 

Une exposition présentée dans le cadre de le biennale d'architecture d'Orléans " marcher dans le rêve d'un autre"

Un commissariat d'Éric Degoutte. Artiste : Benoit Piéron

Dans le cadre de la Biennale d’Architecture d’Orléans, et en préambule à la prochaine saison d’expositions intitulée Formes d’histoires, Benoît Piéron est invité à réaliser une installation in situ pour la Petite galerie. L’artiste pense en effet toujours l’exposition comme le lieu d’une expérience sensorielle intense. S’appuyant sur le prêt d’une œuvre réalisée dans le cadre d‘une résidence liée au programme de la Fondation Hermès et intitulée Le Lit, il propose un aménagement particulier de la galerie considérée comme une forme dérivée d’habitat. Extraite du cadre narratif de Walden ou la Vie dans les bois, une œuvre de H.D Thoreau écrite au 19e siècle, une liste de matériaux sera disposée dans la galerie. Comme une invitation a construire, à aménager, à bricoler, en poète du DO IT YOURSELF qu’aime à être Benoit Piéron.

En lien avec les différentes étapes de cette exposition, Benoît Piéron confronte ce qui relève d’une réalité de vie, la sienne, à l’imaginaire d’une vie littéraire ( celle qui se déroule près de l’étang de Walden) ou d’une vie projetée (voyage imaginaire). L’artiste se fait  le narrateur, le rapporteur, le chineur en déroulant le fil de ces histoires possibles. Il explore le potentiel narratif de cet entrelacement de réalités par le développement concret d’une œuvre qui évoluera au fil des jours, faisant entrevoir la part intime et domestique qu’a tout univers habité.

La tenue d’un journal de bord éditée sous la forme du blog random.benoitpieron.com en accompagne d’ores et déjà les évolutions.

 

Grande Halle  - POLY-MER  : Une installation de Laurence de Leersnyder

Exposition du 3 mars au 15 avril 2018

L’approche sculpturale in situ de Laurence De Leersnyder émerge de l’appréciation physique et spatiale préalable d’une architecture ou d’un paysage, mais également de leur histoire. Elle procède souvent d’une recherche de matières basée sur le prélèvement, la trace, la moulure, l’empreinte.
Son invitation à investir la Grande halle se fait dans le sillage d’une réflexion curatoriale portant sur le geste se déployant dans l’espace, pour dessiner d’autres tracés. Cette thématique est déjà présente dans l’installation d’Eva Borner, Dingzihù, présentée dans ce même espace et visible jusqu’au 25 février.

La présence de Laurence De Leersnyder dans la Grande halle préfigure également sa participation à l’exposition Formes d’histoires. Elle en introduit aussi la thématique, celle de la peau, de la mue et de la transformation, abordée en lien avec le conte de Peau d’âne et l’histoire des Tanneries. Depuis plusieurs années, Laurence De Leersnyder réalise elle-même des sculptures épidermiques, où l’essentiel se joue en surface. Elle fabrique des pellicules inframinces, films à la fois fragiles et résistants, qui (ré)agissent en tant que zone de contact située entre un dedans et un dehors. Ces œuvres se nourrissent des caractéristiques inhérentes à l’environnement, par capillarité réelle ou de façon métaphorique. Ce fut par exemple le cas de son installation Perspective de fuite à l’anglaise, réalisée en 2017 dans le parc du Thabor, à Rennes, ou en 2009 avec Mécanique des flux continus, des modules placés dans l’interstice d’une architecture de Claude Parent, de la Cité internationale universitaire de Paris, pour établir un dialogue entre la structure en béton et la nature environnante.

Pour son intervention dans la Grande halle, elle poursuit l’exploration de cette  typologie de « modules ondulatoires ». S’adossant au volume longitudinal des Tanneries, à sa hauteur, à l’espacement entre les colonnes de béton qui en scandent la profondeur, elle en fait des mesures étalon pour déterminer l’amplitude de la disposition de ses modules. Laurence De Leersnyder souhaite ainsi matérialiser un mouvement dynamique se dessinant depuis le sol, juste au-dessus des anciennes cuves, puis s’élevant progressivement, comme par élan, pour créer une impression d’aspiration vers le fond de la halle. Courant d’air, courant d’eau, pellicules à la fois souples et tendues, figées dans un mouvement qui les imprime et leur donne forme… Par allusions successives et glissements analogiques, les modules ondulatoires ainsi déployés par l’artiste entre le sol et le plafond semblent invoquer les flux qui animaient autrefois la vaste halle de production des peaux et la proximité de l’eau, élément nécessaire à leur traitement chimique et leur transformation.

 

Galerie Haute - Guy Rottier, architecture libre

Exposition du 13 octobre 2017 au 1er avril 2018 - Galerie Haute

Une exposition présentée dans le cadre de le biennale d'architecture d'Orléans " marcher dans le rêve d'un autre"

 Un commissariat d'Abdelkader Damani, Luca Galofaro et Gilles Rion

L’épopée de ma vie est un poème. Jour après jour, je me rendais compte que je n’étais pas un errant mais l’errance elle-même (…)
M. a M. NGAL, l’Errance, 2014

Mais, dites-moi, mes frères, que peut faire l’enfant que le lion ne pouvait faire ? Pourquoi faut-il que le lion ravisseur devienne enfant ? L’enfant est innocence et oubli, un renouveau et un jeu, une roue qui roule sur elle-même, un premier mouvement, une sainte affirmation. Oui, pour le jeu divin de la création, ô mes frères, il faut une sainte affirmation : l’esprit veut maintenant sa propre volonté, celui qui a perdu le monde veut gagner son propre monde.

Friedrich Nietzsche

Pour sa première édition, la Biennale d’Architecture d’Orléans rend hommage à l’une des figures artistiques et architecturales les plus originales de la seconde moitié du 20e siècle : Guy Rottier. Réunissant plus de cent cinquante dessins, photographies et maquettes conservés par le Frac Centre-Val de Loire, cette exposition est la plus importante rétrospective jamais consacrée à l’architecte. Elle témoigne de la relation forte entre Guy Rottier et cette institution, qui depuis plus de 20 ans, œuvre à la diffusion et à la reconnaissance internationale de cette personnalité hors du commun. Cette exposition a également valeur de manifeste. En s’inscrivant dans le sillage d’une œuvre ouverte, mutante et braconnière pour entamer son nouveau périple, le Frac Centre-Val de Loire trace ici la ligne que suivra la Biennale d’Architecture d’Orléans : celle de l’errance.

Néerlandais né en Indonésie puis naturalisé français, lycéen à Grasse puis travailleur forcé à Iéna, étudiant en école d’ingénieur à La Haye puis en architecture à Paris, émigré volontaire à Nice, à Damas puis à Rabat, avant de revenir finir ses jours à Belvédère… Guy Rottier est l’auteur d’une œuvre multiple et inclassable, dans laquelle dialoguent art et architecture, poésie et technique, où se croisent autant la silhouette de Le Corbusier, l’élan futurologique de son ami Michel Ragon que l’iconoclasme – « 40° au-dessus de dada » – des artistes de l’école de Nice, ou celui – quelques degrés au-dessous de la ceinture – du dessinateur Jean-Marc Reiser.

Avec un style insolite, fulgurant et sans compromis, Guy Rottier entendait renouveler radicalement le langage architectural au même titre que les modes d’habiter. Sans jamais faire système. Espiègle, fantasque, libre, Guy Rottier a défendu sa vie durant une approche de l’architecture plus joueuse que divertissante, plus enfantine que puérile, défiant toutes les lois – celles de la tradition comme celles de la gravité – pour instiller dynamisme et mouvement dans l’ordre trop sclérosé de ce monde : « les hommes construisent, d’autres envahissent, s’installent, démolissent puis reconstruisent. C’est le même homme, architecte par nature qui, jusqu’à l’apocalypse, bâtit, efface et recrée une agglomération, un quartier, une maison. Parce que tout change… parce que tout doit changer : le relief du monde, la nature des choses, la maison de l’homme ». (Guy Rottier)

 

 

Verrière  - Suzanne Husky, Thomas Raynaud

Exposition du 13 octobre 2017 au 1er avril 2018 - Verrière

Une exposition présentée dans le cadre de le biennale d'architecture d'Orléans " marcher dans le rêve d'un autre"

Un commissariat d'Abdelkader Damani, Luca Galofaro et Éric Degoutte.
Artistes : Suzanne Husky (invitée par les Tanneries) et Thomas Raynaud (Biennale d'architecture)

Dans le cadre de la Biennale, le centre d’art invite Suzanne Husky à construire une Sleeper Cellpour la Verrière. Cette structure à forme d’igloo est réalisée en bois. Émergent directement du sol, elle évoque les premières habitations humaines. Cette construction ouvre aussi sur le registre animal de l’abri, du terrier, du cocon ou du nid. Elle télescope ainsi différents règnes, fait migrer des formes et des modes de vie en un mouvement fluide, proche des transports imaginaires de l’enfance. Les préoccupations de l’artiste sont également environnementales, inspirées par les pratiques d’individus repensant les conditions premières de leur habitat de façon alternative, en vivant de manière simple et dépouillée. L’anthropologie, ou la sociologie de l’habitat innervent sa réflexion artistique.

Après sa formation à Paris et à Hong-Kong, Thomas Raynaud aborde, au sein de son agence Building Building fondée à Paris en 2007, la question du paysage et de la réhabilitation. La piscine d’eau de mer de Pirou-Plage, dans le Cotentin, fait partie de ces constructions qui attisent l’attrait de ceux qui chercheraient encore une définition plus fondamentale, plus anonyme aussi… Située à une centaine de mètres du littoral, elle est constituée de deux bassins qui se remplissent et disparaissent avec les marées. Deux rectangles de béton, des marches, des échelles, deux fanions qui en signalent la présence à marée haute : On pensait parler d’une simple piscine, on se retrouve avec moins encore – « une retenue d’eau ». Ni vraiment une piscine ni vraiment rien. Un mur de béton ancré dans le sable, ancré dans les marées, installé dans la mer. À la fois au large, et au bord. Une partition simple. À l’intérieur un espace changeant, à la fois signe et monument. À la fois flaque et piscine. À l’extérieur le monde, la mer, les marées, les usages, les drapeaux, le délire et la noyade possible. En un mot ce que l’on continue d’appeler le dehors, l’extérieur.

 

 

Contexte de préfiguration du Centre d’art Les Tanneries

En préfiguration de l’ouverture officielle du Centre d’art Les Tanneries, la ville d’Amilly  donne carte blanche à L’AGART, l’association galerie d’artistes implantée dans le bourg depuis 2001. Depuis 2007, sur les tanneries encore en friches acquises par la ville, nombreux sont en effet les artistes, émergents ou confirmés, qui ont investi cet espace à ciel ouvert dans le cadre de résidences de création organisées par la ville d’Amilly sur les périodes d’été, et souvent en collaboration avec L’AGART.

Depuis 15 ans, L’AGART a aussi régulièrement organisé des expositions dans sa galerie, située au cœur du bourg. Elle y a présenté l’œuvre de plus de 80 artistes, édité des catalogues et initié un travail de sensibilisation auprès des publics.

 

Retour sur "œuvre aux singuliers"

Sur une invitation faite par la ville, sa directrice artistique, Sylvie Turpin, revient sur les temps forts de cette programmation avec l’exposition collective,  œuvre aux singuliers.  Elle présentera dans la Grande halle des Tanneries, d’une superficie de 1 500 m2  des peintures et des sculptures d'artistes des années 1970 à nos jours qui ont inspiré la ligne éditoriale de la galerie : Martin Barré, Christian Bonnefoi, Erik Dietman, Norman Dilworth, Jean-Pierre Pincemin, François Rouan, Claude Viallat, Jan Voss. Explorant sans a priori ce qui fait la réalité de la peinture – motif, surface, inscription du geste sur la toile -  ces artistes en interrogent les évolutions possibles, inventent de nouvelles manières de peindre et d’envisager le tableau. Il en est de même dans le champ de la sculpture où l’emploi de matériaux de récupération et d’objets du quotidien favorise les bricolages ludiques de formes. Se développant à la marge de toute forme d’académisme, ces univers artistiques singuliers ont apporté une contribution décisive à l’art d’aujourd’hui. 

 

Histoire des formes

Pour l’inauguration du Centre d’art contemporain Les Tanneries, en contrepoint d’une exposition portée par la ville d’Amilly et organisée par l’AGART au rez- de- chaussée de l’édifice, une exposition collective sera réalisée par Eric Degoutte, directeur du centre d’art, dans la Galerie haute d’une superficie de 500 m2. En invitant des artistes liés à l’histoire de l’abstraction, il expose avec Histoire des formes des gestes, des décisions, des attitudes et des protocoles singuliers qui en poursuivent l’histoire au temps présent, en revisitent les fondements et les prolongent.

 

 

Pour en savoir plus

Centre d'art contemporain : 

234 rue des ponts - 45200 Amilly

Horaires d'ouverture : 
Du mercredi au dimanche de 14 h 30 à 18 h 00

 

Informations pédagogiques, médiation, développement culturel :
Jeanne Pelloquin
Tél. : 02 38 98 90 00

Presse, communication, partenariats : 
Marguerite Pilven
Tél. : 02 38 98 89 99