La commune

M. Gérard Dupaty

Amilly est une ville de 12339 habitants regroupés par quartiers et répartis sur un vaste territoire de 4000 hectares
Certains quartiers se trouvent totalement rattachés à la ville centre et d'autres sont plus isolés. Amilly est reconnue pour son potentiel économique (zone industrielle, centre commercial). Elle se distingue aussi par son patrimoine naturel, ainsi 800 hectares de la forêt domaniale de Montargis se situent sur notre commune. Le Loing et le canal de Briare traversent Amilly, le bourg se situant à l'est de la vallée en position dominante. Historiquement, Amilly se trouve au carrefour de deux grands axes routiers (RN 60, RN 7), et proche de deux grands axes autoroutiers (A 19, A 77).
L'activité agricole, encore très présente, se regroupe seulement autour d'une dizaine d'exploitations. La présence d'espaces naturels avec la forêt, les rivières, les espaces agricoles à proximité des zones urbaines, a sensibilisé les élus à la préservation et à la mise en valeur de ce patrimoine afin d'y maintenir une qualité de vie propre à la campagne.


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Le centre bourg d'Amilly en 1999

C'est ainsi que les aménagements du Bourg ont pour préoccupation à la fois l'exploitation de l'espace avec son optimisation et sa mise en valeur avec, notamment trois projets : celui du parc des Terres Blanches, connu comme un lieu de promenade ouvert aux habitants du bourg, favorise la mixité sociale la rencontre inter-génération (création d'une mare avec parcours pédagogique ainsi que mise en valeur de la ferme et de la place locale) ; celui du jardin du presbytère, avec un jardin de curé et un potager, transmet la tradition paysanne des gens vivant essentiellement des produits de la terre ; et enfin, celui du jardin de la " Villa du Bon Accueil " est plus protocolaire avec la salle des mariages. Quant au patrimoine bâti, sa modestie nécessite de le préserver sans mise en valeur intempestive. La structure topographique du bourg avec les échappées visuelles sur la vallée par un réseau de ruelles en fait un élément structurant à conserver. La place haute avec la place du marché et le projet de la halle, l'église en cours de restauration et la construction d'un immeuble vont redéfinir un espace convivial à échelle humaine, tout comme la place basse (place de Nordwalde) avec la Maison Saint Loup, la médiathèque et les terrasses".

Historique des projets urbains :
Dès 1989, date de notre prise de fonction, les élus ont eu la volonté de redonner une image de centralité au bourg d'Amilly, tout en respectant son caractère rural. L'objectif consiste à permettre aux Amillois de s'identifier, de se reconnaître au travers d'actions qualitatives et significatives. Pour y parvenir, nous avons fait appel à un cabinet d'urbanisme par voie de concours afin de nous entourer de compétences et de conseils utiles. L'incompréhension de nos interlocuteurs a abouti à une impasse puis à la rupture. La présence opportune de Vincent Barré nous a permis de reconsidérer le projet. Ses connaissances en urbanisme, en architecture, ajoutées à sa sensibilité d'artiste, nous ont conduits à une démarche originale d'aménagement de l'espace par des gens d'horizons divers, architectes, urbanistes, paysagistes, artistes, tous associés dès la conception du projet. Cette démarche a pour objet de mettre en place un concept urbain contemporain dans un tissu traditionnel, afin de familiariser, d'éduquer et de ravir le regard des Amillois.

Démarche participative :
Dans notre mission de service public, nous donnons une large place à la culture contemporaine. L'ouverture d'une galerie d'art contemporain vient compléter cette action s'adressant à tous les publics, et en particulier, aux publics scolaires par l'intermédiaire d'enseignants porteurs de ce message. Notre ambition est de permettre à tous de pouvoir accéder à la créativité contemporaine: en aiguisant la curiosité des plus jeunes et en dépassant les préjugés des aînés, dans une démarche de proximité, par la fréquentation des artistes et la découverte de leurs oeuvres.

Rôle de l'artiste :
Pour traduire cette démarche, de nombreuses rencontres ont été organisées autour du réaménagement du coeur d'Amilly, en particulier pour la définition des projets concernant les places haute et basse. Autour du maître d'ouvrage assisté de Vincent Barré, s'est constituée une équipe rassemblant paysagistes, architectes, sculpteurs et ingénieur.
Le mode de travail s'est renouvelé au fur et à mesure de l'évolution des projets. Durant ces rencontres, chacun a pu exprimer, outre ses choix techniques, sa sensibilité profonde dans un respect mutuel et un esprit constructif. La présence des artistes s'est révèlée essentielle. Les premières réalisations en témoignent, en apportant aux concepteurs "la quatrième dimension", celle qui se joue du temps et de l'espace pour mieux s'y inscrire".

Comprendre Amilly

Les lampadaires du bourg

Tous les concepteurs sont venus à Amilly et dans la région afin que leur projet naisse du lieu et de ses caractères. Les nouvelles conceptions se nourrissent de ce qui existe, afin qu'il y ait une sorte de conversation entre les choses et les personnes et non ignorance ou indifférence. Une telle attitude apparaît indispensable pour faire en sorte que chaque projet soit pour le lieu et ses habitants, c'est-à-dire avec eux, y compris quand il apporte des formes nouvelles. Le respect de l'existant s'accompagne de la volonté du maitre d'ouvrage et des maîtres d'oeuvre de travailler pour une dignité des architectures et des espaces communs. Chacun a l'intime conviction que les lieux sont d'abord faits pour être habités, de manière publique (rues, places, équipements) ou privée (habitations).

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Pour les concepteurs, penser l'urbain signifie étudier l'environnement quotidien. Beaucoup d'attention leur permet de comprendre ce qui constitue les qualités et les défauts du site, ce qui accueille ou repousse les habitants et quels peuvent être les besoins de chacun. Réfléchir au confort de tous les jours peut aboutir à l'ajout d'une marche à la bonne hauteur, à l'apport d'un marché couvert, à la sécurité des passages piétonniers, à une juste échelle entre les bâtiments, les rues et les places, à la plantation d'un arbre ou à la conservation d'une percée pour laisser plonger le regard dans la vallée du Loing quand on va poster son courrier. L'équipe municipale suit l'avancée des projets qu 'elle a formulés. Vincent Barré coordonne tous les projets qu'il a définis en amont dans un programme détaillé. Lors des réunions de travail du samedi matin où se côtoient et s'informent les équipes de concepteurs, les habituelles situations de hiérarchie entre architectes et artistes ou entre professionnels de notoriété différente sont évitées. Le travail y gagne en clarté et en efficacité. L'aménagement urbain se conçoit et se réalise, ici, avec l'art, l'architecture et le paysage, et chaque intervention se trouve comme naturellement entraînée dans un même mouvement.


Le programme par Vincent Barré

Les réalisations

" L'étude s'est mise en place progressivement sur deux ans. J'ai écouté les intentions de la commune énumérées au fur et à mesure pour les différents sites. L'observation directe m'a permis de réfléchir à ce qu'il y manquait pour en faire de vrais fragments urbains, de vrais lieux de vie, et de concilier ces éléments d'espace et d'usage avec la demande des élus. L'idée d'ensemble m'a conduit alors à chaque fois à élargir le programme en faisant d'autres suggestions. Aucun des lieux n 'est créé de toutes pièces.
Tous sont pensés avec leur force d'origine qu'il faut restituer. L'attitude est simple et prosaïque: il s'agit de régénérer ici et là, de réinvestir les lieux dans leur usage et de les recomposer dans leur environnement. A terme, cela emporte le tissu interstitiel. Chaque zone irradie dans son immédiat voisinage puis à distance, comme le feraient des relations spatiales à l'intèrieur d'un tableau : chaque partie affectée modifie l'équilibre spatial de l'ensemble ". L'ambition de Vincent Barré consiste aussi à " rapporter certaines choses justes qui renvoient à une dimension humaine de voisinage, d'échelle, de surprise visuelle. Il s'agit de réparer, de corriger des dysfonctionnements, d'éviter des situations de gêne afin de redonner santé et dignité à un coin de rue ". La justesse réclame également de " ne pas transformer le village en image d'Épinal ou en ville nouvelle et surtout de se préoccuper des personnes à qui l'on s'adresse, de savoir qui elles sont " VB.

L'Église Saint-Martin

La mission des deux architectes du Patrimoine, Florence Babics et Patrice de Brandois, consiste à restaurer entièrement l'Èglise Saint-Martin et à la mettre en valeur dans le cadre du projet général de requalification du centre-bourg ancien.
" Construite à la Renaissance, l'église est de style gothique tardif, très pure de ligne, sans les surcharges fréquentes à cette époque ". Or, elle a perdu aussi bien son aspect extérieur, à cause d'un enduit en ciment, que sa cohérence volumétrique.
Celle-ci doit être rendue en déterminant les ajouts inutiles, les remodelages nuisant à l'équilibre général. De même, la valeur symbolique du choeur est restituée par l'autel qui y trouve à nouveau sa place en relation avec de nouveaux usages.


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Par ailleurs, un travail important de consolidation est entrepris. La croûte d'enduit doit aussi être enlevée parce qu'elle empêche les murs de respirer et pose donc de graves problèmes d'humidité. Les deux architectes s'attachent à mettre en valeur et à restaurer le bâtiment de façon authentique. " Nous ne devons pas inventer ou détruire, ou encore faire à notre goût. Cela demande une bonne connaissance de l'édifice, une observation de celui-ci sous toutes les coutures : toitures, charpentes, enduits, etc. ". Ils croisent cette connaissance " avec des documents d'archives, avec une étude analogique d'autres églises de la région ainsi qu' avec les exigences des utilisateurs ".
Dans le même programme, le peintre Gregorio Cuartas intervient pour la réfection de douze vitraux dans la nef et la création d'un vitrail pour la nouvelle baie du tympan. Il s'agit de " remettre une ambiance colorée qui participe à la mise en valeur de l'architecture. Une ancienne fenêtre sera réouverte sur la façade ouest pour laquelle Gregorio Cuartas a conçu un vitrail qui sera le seul point de lumière chaud et fort. " FB et PdeB. Pour le peintre, la géométrie a un caractère statique et mystique, qu'il associe, ici, à " une coloration très légère, propice au recueillement " GC. Dans un texte, il exprime ses intentions profondes : " Le ciel peut entrer en nous par les yeux. Le beau, la sacralité que nous percevons devant une oeuvre... est comme une caresse de Dieu ".
Le sculpteur Vincent Barré réalise les grilles en acier brut et verni. Elles sont faites " d´une résille de lamelles inclinées telles que, suivant la hauteur du regard et l'incidence de la lumière, on les perçoive avec des épaisseurs variables. De loin, on voit une arborescence, et quand on s'approche, on lit la diversité de cette tessiture. L'épaisseur correspond à un temps pour le franchissement d'un seuil, surtout quand les grilles sont fermées. Leur transparence devient alors un appel " VB.


« La suppression ou la modification des adjonctions tardives (comme le porche à deux pentes), ainsi que le traitement des abords et du parvis permettent une remise en silhouette générale de l’église dans son contexte villageois » FB et PdB.
Il s’agit aussi de redonner un usage réel et un sens au parvis, au mur et aux emmarchements qui séparent l’église de la place du marché.

Esquisse préparatoire
no 2 pour le vitrail ouest par Gregorio Cuartas. « Pour le vitrail au-dessus du baptistère, les points rouges, ponctués comme des langues de feu symbolisent le feu de l’Esprit Saint et évoquent le Baptême » GC

Dessin extrait d’un carnet de croquis de Vincent Barré pour les grilles de l’église. « Pensant en sculpteur, je fais en sorte que la grille ait une sorte d’épaisseur » VB.

Les travaux

2000-01-10-renforecement-clocher 2000-06-27-sous-oeuvre 2001-10-26-angle-sud-ouest 2001-10-26-porche 2001-11-16-angle-nord 2001-11-31-angle-nord-ouest 2001-12-13-pose-voute-entree1 2001-12-14-pose-voute-entree- 2001-12-14-pose-voute-entree4 2002-05-30-couverture 2002-05-30-pierre-de-voute2 2002-05-30-pose-pierre 2002-06-27-couverture-sud 2002-06-27-grille-entree 2002-06-27-layage 2002-06-27-pilier-est 2002-09-20-les-gargouilles 2002-10-01-anciens-vitraux 2002-10-17-eglise-cote-nord 2002-10-17-eglise-face 2002-11-06-nouveaux-vitarux-02 2003-01-15-carrealage-defait 2003-01-15-carrelage-demolition 2003-01-15-choeur 2003-01-15-demolition-engin 2003-01-17-carrelage-mise-a-niveau 2003-01-24-sarcophage 2003-05-30-interieur-ogive 2003-09-29-depose-du-coq- 2003-11-13-plafonds 2003-11-17-avant-restauration-2 2003-11-17-avant-restauration 2003-11-17-avant-restauration3 2003-11-17-avant-restauration4 2003-11-17-vierge-et-enfant-avant-restauration 2003-11-24-plafonds2 2003-11-28-preparatifs-avant-refection 2003-12-08-amenagemnt-parking 2003-echafaudage-nef 2004-01-27-demolition-sacristie 2004-02-12-face-nord 2004-06-07-chauffage 2004-06-07-chauffage2 2004-06-12-chauffage3 2004-09-15-pose-carrelage 2004-10-01-carrelage 2004-10-04-restauration-peintures 2004-10-12-finition-joints 2004-10-12-restauration 2004-10-12-restauration2 2004-11-05-benitier 2004-11-05-restauration-socle 2004-11-16-finition-carrelage 2004-11-16-pavage 2004-11-16-retour-statue 2004-11-18-pavage 2004-11-29-restauration-bancs 2004-12-03-pavage 2004-12-06-autel 2004-12-06-bas-cote-ouest 2004-12-14-nef 2005-01-31-autel 2005-01-31-nef-installee

Avant et après

Chevet-1 Chevet-2 Choeur-1 Choeur-2 Choeur-3 Choeur-4 Fenetre-ouest-1 Fenetre-ouest-2 Porche-1 Porche-2 Sacristie-1 Sacristie-2 Travees-nord-1 Travees-nord-2 Vitraux-1 Vitraux-2

La Maison des Jeunes

Le transfert de la Maison des Jeunes, quittant l'ancien presbytère près de l'Èglise pour aller sur le site de l'ancienne gare d'Amilly (créée en 1876 et désaffectée en 1938), " est lourd de conséquences symboliques, riche de potentiels sur l'imaginaire ". Il síagit pour l'architecte, François Laisney, " d'en prendre conscience et d'en tirer parti ".
Le pignon du nouveau bâtiment, dans lequel se trouve le Point d'Information Jeunesse au premier étage, est le support d'une signalétique liée à l'ancien passé ferroviaire. Se voyant de très loin, manifeste la présence du bâtiment " FL.

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Ce dernier restaure scrupuleusement les bâtiments existants ; l'ancienne maison du chef de gare devient le logement du gardien, la salle d'attente un atelier d'activités. Pour l'implantation et la forme des nouveaux bâtiments, il réinterprète le langage de l'architecture ferroviaire. Le préau ouvert se retrouve à l'emplacement de l'ancien hangar de déchargement des marchandises. Dans le même esprit, il utilise la forte simplicité plastique de la signalétique ferroviaire pour transformer le pignon du bâtiment principal en appel visuel, situé dans l'axe de l'avenue de la gare.

Ainsi, le bâtiment restauré et les bâtiments neufs s'intègrent pour créer un nouvel ensemble qui prend sa cohérence par rapport à l'histoire du site.
L'approche du lieu se fait par des séquences successives, définissant autant de seuils. Tout d'abord, un terre-plein forme une place d'accueil devant la maison du gardien, puis l'entrée se situe devant la rue intérieure, face à l'atelier de mécanique. Le dispositif général aligne les bâtiments de part et d'autre d'un passage-rue de huit mètres de large qui prolonge l'avenue de la gare. Ce passage s'élargit ensuite pour former une cour de quinze mètres par vingt cinq, librement disponible pour le jeu et le sport. L'attention au site se traduit par des espaces extérieurs vastes, par des bâtiments en relation forte avec le sol, mais aussi par des choix de matériaux (brique et bois) qui font référence à l''industrie tout en demeurant des matériaux chaleureux. Pour permettre une expérience des éléments naturels, il n'est pas indiffèrent que ´ les salles reçoivent une double orientation afin que le passage du jour soit perceptible, ou qu'il n'y ait pas de gouttière devant le toit de la galerie afin de voir l'eau couler ou bien encore que le feu et l'eau soient magnifiés par la présence d'une fontaine et d'une cheminée extérieure. La relation aux saisons se traduit également par le vis-à-vis entre le préau d'été et la salle polyvalente d'hiver qui ont le même volume ".

Pour François Laisney, l'architecture doit être " attentive aux pratiques. Elle suscite l'expérience de l'espace vécu, elle touche au plaisir et aux sens, à tout ce qui concourt à la qualité tactile, sonore, lumineuse. L'architecture participe au bien ou au mal-être. Elle peut être une machine à manipuler les sensations et contribuer au ressourcement physique et spirituel ".
Le projet de la maison des jeunes fait partie d'un réaménagement plus vaste de tout le site de la friche des terrains SNCF. L'aménagement urbain prévu est destiné à préserver la promenade existante. Il vise à créer de plus une protection visuelle entre les industries toutes proches et le quartier résidentiel par la plantation de deux rangées parallèles d'arbres de haute tige et de haies arbustives.

Les travaux

2003-11-29-emplacement-maison-des-jeunes 2003-11-29-vue-arriere 2004-04-23-decaissement2 2004-04-23-vue-surplomb 2004-05-12-future-maison-jeunes- 2004-06-05-emplacement-future-salle-retroprojection 2004-06-05-future-salle-retroprojection 2004-09-30-construction-principale 2004-09-30-locaux-maison-des-jeunes 2004-09-30-vue-surplomb 2004-11-05-emplacement-des-bureaux 2004-11-05-la-brique-comme-materiau 2004-12-06-emplacement-bureaux 2004-12-06-la-cour-et-le-preau 2004-12-06-la-cour 2005-03-29-le-preau 2005-04-27-vue-surplomb 2005-09-27-la-cour

Les locaux

2006-02-10-le-hall-d-entree 2006-09-28-salle-d-accueil 2006-09-28-salle-du-pij 2006-09-28-salle-retroprojection

L'inauguration

2005-11-26-inauguration-02 2005-11-26-inauguration-03 2005-11-26-inauguration-accueil-monsieur-sous-prefet 2005-11-26-inauguration-visite-des-locaux-02 2005-11-26-inauguration-visite-des-locaux-03 2005-11-26-inauguration-visite-des-locaux 2005-11-26-inauguration

L'ancienne gare

2005-01-07-refection-de-la-gare 2005-01-13-la-gare-sans-sa-salle-d-attente 2005-01-13-la-gare 2005-03-05-attente-de-jours-meilleurs-02 2005-03-05-attente-de-jours-meilleurs 2005-03-29-la-gare-retrouvera-sa-salle 2005-06-14-salle-de-la-gare

La Place du marché

Fortement attachée à un équipement et à des activités, la place du marché constitue un des pôles importants du programme urbain. De surcroît, elle se trouve à la croisée d'architectures et d'urbanismes différents. L'urbaniste, Michel Euvé, résume ainsi le fait que la question consiste, ici, à " ramener à un centre, à donner de la vie et de la qualité, une convivialité qui représente bien les 12 000 habitants de la commune ".
" Son aménagement en fera un lieu convivial entre la halle, le bâtiment collectif et l'Église (jeux de boules, promenades, terrasses). Les deux nouveaux bâtiments, la halle et le petit bâtiment (logement, commerce, restaurant et local technique), sont déterminants dans leur position et leur architecture afin d'assurer la greffe avec le quartier des Terres Blanches " ME..

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Il conçoit la place afin de raccommoder les logements sociaux datant de la fin des années 80 (pour lesquels il existe un projet de réhabilitation) avec le centre bourg ancien et de redéfinir des espaces à l'échelle du bourg.
" La forme de la halle et son gabarit avaient une importance forte, nous avons fait des maquettes et des croquis pour trouver son emplacement. Le choix final a été de la placer perpendiculairement par rapport aux bâtiments existants en fond de place". Elle crée ainsi un lieu d'articulation et de transition entre les deux ensembles bâtis.
Dans sa méthode de travail, Michel Euvé insiste sur " la nécessité au départ de vivre et de comprendre l'espace, le lieu, comment les gens y vivent, y échangent, quelle est la fonction urbaine de ce lieu dans la ville ". Il part toujours d'un support : l'existant associé aux points de vue des personnes vivant sur place. " Concepteur d'espaces urbains ", il se dit volontiers " couturier ", car pour lui, " la ville existe, et il faut la modeler, l'habiller ". Sa démarche n'est donc pas autoritaire mais, elle aussi, attentive.
Organiser l'espace : cela s'accomplit par l'architecture et l'urbanisme, par le choix de revêtements de sol, par l'axialité d'un bâtiment, cela s'agence par les volumes et les vides, mais aussi par une certaine manière d'accueillir les habitants, par des bancs qui " permettent aux gens de s'asseoir et de se retrouver"ª, par des poubelles placées au bon endroit, par une mise en place du réseau conforme et pratique (d'électricité et d'eau), par la résolution de problèmes de circulation, par un soin porté aux matériaux, à leur aspect et à leur sonorité.


Le sculpteur Wade Saunders a travaillé directement avec l'architecture de la halle afin que celle-ci conserve sa présence, y compris lorsqu'elle est sans marché, et donc vide. la forme stable et classique dessinée par Michel Euvé, le sculpteur ajoute le mouvement à deux sortes de colonnes torses taillées dans la pierre de Massangis. Celles-ci appellent le regard et intriguent par leur différence. " Quelqu'un passant sur la place pourra avoir envie de s'approcher de la halle, se demandant pourquoi le bâtiment a l'air de bouger un peu. C'est un moyen de le rendre moins distant et de tenter de le faire vivre " WS.
Par ailleurs, il fait écrire sur le sol la plupart des lieux dits de la commune. Les noms sont gravés sur des disques de pierre colorée (ayant 31 cm de diamètre), incrustés dans le béton du sol et dispersés suivant le plan de la commune. Le disque marquant la place de la halle se situe exactement au centre de celle-ci et détermine l'emplacement de tous les autres. Ils apparaissent comme " un ensemble de feuilles de nénuphars multicolores ". " C'est ainsi un portrait du village" . Il souhaite que l'oeuvre soit un dialogue qui permette aux habitants une " relation personnelle à un bâtiment qui est, quant à lui, public ".

Les travaux

2005-01-05-preparatifs-03 2005-01-05-preparatifs-04 2005-01-05-preparatifs 2005-03-03-arret-gel 2005-03-11-cables-de-pre-contrainte 2005-03-11-fondations 2005-03-11-support-colonne- 2005-03-17-coulage-support-colonne 2005-03-25-preparatifs-dalle 2005-04-01-cables-pre-contrainte 2005-04-01-ferraillage-dalle 2005-04-06-coulage-chappe-03 2005-04-06-coulage-chappe-04 2005-04-06-coulage-chappe 2005-04-06-coulage-dalle-02 2005-04-14-preparatifs-pour-colonne 2005-04-15-reception-des-colonnes-02 2005-04-15-reception-des-colonnes 2005-04-20-installation-colonne-02 2005-04-20-installation-colonne 2005-04-20-une-colonne 2005-04-25-M.Wade-Sanders-createur-des-colonnes 2005-04-25-M.Wade-Sanders-createur-des-colonnes02 2005-05-10-precontrainte 2005-05-10-precontrainte3 2005-05-24-parement-du-mur-de-la-place 2005-12-12-totemcolonne 2006-01-04-reception-charpente 2006-01-05-assemblage-charpente 2006-01-05-pose-charpente 2006-01-09-pose-charpente 2006-01-10-calme-crepusculaire 2006-01-23-charpente-assemblee 2006-02-07-pose-chevrons 2006-02-10-lattage 2006-02-27-premieres-ardoises 2006-03-13-canniveaux 2006-03-13-la-halle-couverte 2006-03-24-pose-des-canniveaux 2006-05-02-les-hameaux-de-la-commune 2006-05-02-preparatifs-pour-rondelles 2006-05-02-rondelles-des-hameaux-02 2006-05-02-rondelles-des-hameaux 2006-08-la-halle- 2006-08-la-halle-cote-sud-ouest

L'inauguration

2006-06-03-inauguration-01 2006-06-03-inauguration-02 2006-06-03-inauguration-03 2006-06-03-inauguration-04 2006-06-03-inauguration-05 2006-06-03-inauguration-06

Avant et après

01.2000-01-10 02- 03.2010-11-la-place-vue-du-clocher 04.2005-01-05-preparatifs-02 05.2007-12-11 06.2006-08-la-halle-cote-sud-ouest-02 07.2006-11-02 08.2006-09-17 09.2006-09-17-2

Le Quartier des Terres Blanches

Vue du parc réaménagé

Le quartier des Terres Blanches avec ses habitations est resté en partie inachevé, les espaces publics étant par endroits seulement esquissés et les rues principales laissées en cul-de-sac. Le quartier vit mal et refermé sur lui-même. L’artiste Christine O’Loughlin propose une série d’aménagements concernant la place afin de « donner à ce lieu une forte identité, une forte lisibilité ». Aménageant des parkings à l’arrière, elle rend la place aux piétons. Par une référence au volume extérieur d’un chapiteau, celle-ci trouve une autre ampleur. « J’ai voulu avant tout unifier l’alignement anonyme des fenêtres en un cercle/cirque et renforcer cette unité en suggérant un chapiteau qui le recouvre.

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Dessin préparatoire pour la place Noire C.O'loughlin

Au centre s’élève un mât, au sommet duquel est placée une girouette figurant un funambule en silhouette de 2,5 m de haut. Le funambule surplombant un labyrinthe renvoie bien sûr à de nombreuses références, et en particulier à la mythologie ancienne ». Il joue aussi un rôle comme « point focal aérien pour les rues environnantes »
Le traitement des façades fait participer les immeubles au dessin d’ensemble tout en apportant un rythme déjouant la monotonie de l’actuelle structure horizontale. L’aménagement se poursuit dans le passage vers la Place dite Noire, par un traitement du sol, des murs et des espaces. « Ces revêtements « organiques » (bois et plantes) adoucissent son aspect tant sur le plan visuel que tactile ou sonore ».
La place des Terres Blanches est intégrée au parc situé derrière et reliée au centre ancien. L’artiste souhaite procurer à ceux qui vivent ici le sentiment de l’habitation, sentiment différent du simple logement. Cela se traduit par le fait de ressentir un certain plaisir en rentrant chez soi dans son quartier. Ou bien, pour ceux qui viennent se promener dans le parc, de passer par un lieu particulier dans lequel la scénographie des architectures, des espaces et des corps y évoluant a été élaborée.
Dans cette partie du programme, Michel Euvé a un rôle d’accompagnement. En concertation avec les habitants, les associations et les bailleurs sociaux, il a réalisé une étude de diagnostic. Il « prépare ainsi l’espace urbain pour que les artistes y apportent leur œuvre, puis [il] le met en ordre par les techniques de constructibilité ». Cela s’accompagne, cette fois encore, d’une pensée urbaine tournée vers les habitants dans leur vie quotidienne : « Pour qu’un lieu soit investi par le maximum de personnes et pour qu’il ait une qualité de convivialité et de vie, une fonction est à résoudre. Il faut être attentif à l’usage, et donc être à l’écoute des gens. Par exemple, il faut rendre praticable la rue qui lie la place du Marché aux Terres Blanches, afin que les piétons puissent l’emprunter, y compris avec des poussettes d’enfant », ou bien créer un cheminement piéton et cycliste qui relie la place de l’Église et la place des Terres Blanches.
« Il s’agit aussi de réfléchir sur les conditions qui font qu’un espace urbain comme une maison “fonctionne” ou pas : il faut qu’il soit bien abrité des vents, si possible au soleil (etc.). La complexité de la conception vient du fait qu’il faut savoir intégrer tous ces paramètres dans la composition de l’œuvre » ME.

Plan d'aménagement par Michel Euvé

La réflexion de l’artiste Peter Briggs s’ajoute avec des propositions de stratégie de plantations, de modifications des entrées d’immeubles afin d’assembler les espaces communs et de les différencier par touches.
L’attention conjointe des artistes, de l’urbaniste et de la commune vis-à-vis de la manière d’habiter chez soi et dans un quartier est à l’origine d’une conception qui donnera naissance au lieu grâce à l’apport d’un imaginaire. Celui-ci introduit une tension dynamique entre un ici et un ailleurs, entre un lieu et son ouverture, entre une échelle humaine et une autre urbaine.
Le projet se poursuit avec l’aménagement du parc des Terres Blanches par le paysagiste Giancarlo Fantilli. Ce dernier propose diverses expériences tournées vers le site et son histoire, la nature et les sens. Les trois thèmes traités (l’aire de jeux pour les enfants, l’aire écologique et l’aire agricole) sont nés de la topographie de la combe, de l’importance du parc à l’intérieur du centre bourg, d’une considération des besoins et nécessités conjugués de plusieurs générations, sans oublier ceux des animaux et des plantes. Le projet affirme la spécificité du parc en tant qu’espace aménagé et délimité ainsi que son pouvoir de stimulation et d’éveil. Laisser parler le site favorise la rencontre sensible. Pour les enfants, il s’agit de « stimuler, à travers le jeu, la connaissance directe et sensorielle des matériaux naturels ». L’aire écologique est constituée d’une prairie naturelle protégée et d’un étang. « Située dans la partie la plus basse du parc, celle-ci offre un lieu de détente et est aussi un endroit où l’on peut connaître directement les plantes et les animaux qui habitent les zones humides de la région ». L’aire agricole est plantée d’arbres fruitiers. « Dans ce jardin va naître et progresser toute une série d’activités liées au savoir et à la transmission des traditions agricoles, en rassemblant spontanément ou en associations des citoyens de tous les âges et en stimulant surtout les échanges entre les plus jeunes et les anciens » Giancarlo Fantilli.

Schéma par Giancarlo Fantilli du Parc des Terres Blanches

Une sculpture de Konrad Loder, située au croisement de deux parcours principaux, constitue l’un des pôles visuels du parc. L’œuvre est une colonne d’environ dix mètres de haut en bois que des habitants vont fabriquer sur place. Le processus consiste à fendre un tronc en chêne en petits morceaux, puis à enfiler ceux-ci sur un fil de fer, de manière à réaliser des couronnes. Celles-ci sont ensuite stockées autour d’un mât. Par son processus de réalisation, l’œuvre, écrit l’artiste, « poussera comme une plante ».
Toute conception d’espace induit un rapport au monde. C’est pourquoi il importe que les concepteurs soient ouverts à la situation existante, car ils conçoivent alors leur projet avec elle et ceux qui y vivent. Dès lors, chacun, à son tour (habitants, visiteurs), se trouve plus à même de s’ouvrir au monde alentour. Giancarlo Fantilli est attentif au genius loci des lieux. Il évoque en particulier son écoute pour une immersion sensible et une compréhension des multiples composants du paysage. Il reconnaît que ceci ne suffit pas à l’élaboration d’un projet. Lui aussi salue la méthode amilloise : rencontre avec les élus, les habitants et les techniciens, « insertion des projets à l’intérieur d’un dessin plus ample qui les lie à la ville », partage d’une même ambition de service public à l’échelle d’une commune, concertation avec d’autres concepteurs et en particulier avec des artistes.

Le coeur du bourg

le coeur du bourg vu du ciel

La matière urbaine dans le rythme d’une ville habitée se constitue d’équipements, de places, de jardins, de voiries, d’éclairage (etc.). Afin qu’un lieu participe à l’activité de la ville, le programme urbain tient compte de ses occupations, de ses heures de fréquentation et des besoins des habitants. L’ensemble élaboré autour de la Place de Nordwalde est un autre exemple d’association de personnalités pour un déploiement du sens dans la conception et le traitement des espaces ouverts, des constructions et des liaisons entre les deux. Il se compose de cinq parties articulées entre elles : la Maison Saint Loup (ancien presbytère), la nouvelle médiathèque, la place de Nordwalde, le jardin des Trois terrasses et le jardin du Presbytère.

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La place de Nordwalde, dite basse, résonne par rapport à la place haute, celle de l’église. De par sa position, elle attire les regards. De par sa composition, elle permet une halte et des réunions impromptues. Sur la place, sont plantés trois grands chênes de forêt offerts par la ville de Nordwalde (dont ils sont l’emblème). Sous leur couvert sont posées de grosses formes en fonte, sculptures de Vincent Barré, sur lesquelles on vient s’asseoir, s’allonger ou jouer. Par ailleurs, le sculpteur a choisi « le dessin des dallages dans un souci de polychromie sourde à dominante chaude, qui équilibre et donne une échelle aux masses, indique les passages : une sorte de plate-forme en tapis pour le centre de la place, un riche dessin de pavés assemblés en queue de paon pour l’entrée d’honneur au bâtiment, un labyrinthe pour marquer le préau et l’accès au jardin du Presbytère » VB.
La place est également redessinée par l’apport de la nouvelle médiathèque. L’architecte Sylvain Dubuisson conçoit l’implantation du bâtiment en fonction du terrain en pente et du paysage. Pour ce faire, il inscrit son projet dans « une lecture du parcellaire ». « Situé sur deux niveaux, le bâtiment est tenu dans un gabarit : la volumétrie des bâtiments qui s’enchaînent les uns les autres » SD. De plus, des percées laissent filer le regard vers la vallée. En son parti-pris architectural, l’architecte met l’accent sur l’évidence. Cela tient à « une volonté d’attention assez simple, tournée vers ce qui se fait dans le Gâtinais (l’association de brique et de pierre dans la maçonnerie, la manière de faire les fenêtres et les murs, etc.), vers la connivence avec la lumière, la terre, vers les dimensions et l’échelle, le nombre de personnes qui habitent le site ». Il définit son « travail comme une mise en forme de la matière, permettant de transcrire dans le réel une pensée. Par exemple comment se transcrivent dans le travail de la matière, la flexibilité, la légèreté, la lumière, le temps » SD.

Dessin de Sylvain Dubuisson

L’évidence consiste aussi à laisser voir la fonction attribuée aux espaces bâtis. Pour la Maison Saint Loup, qui comprend une salle des Fêtes, une salle d’exposition et la Maison des Jardins, Sylvain Dubuisson a voulu comprendre « le génie du lieu, ce qui peut donner de l’épaisseur au projet, car le bâtiment est ancien », mais aussi « de quelle façon un programme trouve sa validité dans le rapport qu’il noue avec l’espace donné ».
De même, la nouvelle médiathèque est conçue à partir d’une réflexion portant sur les besoins contemporains, ainsi que sur sa position géographique. Agrandie, elle s’installe en centre-bourg, devient multi-média et se met en réseau avec celles de l’agglomération Montargoise.
Le jardin des Trois terrasses, conçu par Vincent Barré, accompagne l’aménagement de la Place de Nordwalde. Ces deux espaces sont conçus « pour la fête », comme des lieux extérieurs complémentaires : l’un en creux, l’autre en saillie, où les corps se déplacent. Ils les accueillent et les font mieux voir au sein des architectures et des formes végétales. Suivant les heures du jour et de la nuit, suivant les événements et les saisons, les espaces s’animent, deviennent des lieux de jeu, de spectacle ou de repos qui finalement suscitent des rencontres.
Un jardin est un lieu de représentation et de plaisir des sens. Il apporte ainsi dans l’espace urbain son propre rythme, différent de celui des « chambres urbaines ». « J’ai pensé aux précieux jardins du Maroc, il est architecturé et contient des plantes méditerranéennes mises en plein sud le long de chaque muret. C’est un petit microcosme fait d’un parterre de persistants bas (cistes, lavandes, potentilles, armoises, santolines, romarins, phlomis…) de plantes arbustives qui ont plutôt des tons froids et des couleurs blanc, rose, violet. L’eau chemine le long de la pente en une succession de rigoles, de jets, de vasques, comme un dessin coloré, lisible en toute saison » VB.

« À l’aval de la place de Nordwalde, le jardin urbain de l’ancien presbytère sera, à terme, entouré d’îlots d’habitations afin de prolonger le bourg vers la vallée. Il s’agit de raccorder ce dernier à tout ce secteur, le long de la départementale qui bénéficie déjà d’un gros flux économique et de beaucoup d’activités commerçantes. Dans le prolongement se trouvent le lieu-dit le Gros-Moulin et les tanneries qui seront un point clé de la liaison du bourg à l’espace naturel de la vallée. Ce coteau a des terrains très riches sur le plan paysager, avec de beaux éléments ruraux (ferme, venelle, vues sur la vallée) tout en étant très proches du centre-bourg ancien » VB.
Le jardin du Presbytère définit ainsi à la fois un lieu avec ses caractères propres et un moment dans un développement urbain qui va de l’église vers de futures parcelles d’habitation. Le paysagiste Thierry Jourd’heuil souhaite faire de ce lieu, « un espace public simple, sans décor, à l’échelle d’un grand jardin privé, installé dans son site, sans bouleversement. Un jardin que l’on s’approprie ».
Pour ce faire, il prend en compte l’existant : le bois, la prairie naturelle et la pente du terrain. En les réaménageant, il propose deux atmosphères, deux types de promenades. D’une part, des terrasses fleuries et d’autre part, la prairie et le sous-bois. « La terrasse fleurie, en belvédère sur le jardin et le potager, domine l’espace. La quasi absence de couverture végétale donne aux lieux une respiration et une clarté nécessaires à la lecture du bois d’érable et de son tapis de jacinthes sauvages bleues. Quelques arbres fruitiers assurent la liaison d’un espace à l’autre. Le promeneur passe de la lumière à l’ombre, de la chaleur à la fraîcheur, du jardiné au sauvage ».
Le projet « rééquilibre tout l’espace le long du bâtiment du presbytère par une terrasse en contact avec le presbytère et la partie bâtie ». Suivant les vœux de la commune, le jardin est clos et fait penser à un jardin de curé par sa richesse végétale avec ses plates-bandes plantées de pivoines, de graminées, de rosiers et de marguerites. « Dans le jardin de curé on rencontre des fleurs extraordinairement développées, soignées, parfaites. Cela donne l’idée qu’un jardinier veille sur elles » TJ.

Dessin de V.Barré pour le jardin des trois terrasses

Dans le verger planté de pommiers, une partie destinée au potager est, quant à elle, toujours accessible. Y sont plantés « rhubarbe, menthe, ail, artemise, rose trémières, fenouil, sauge… plantes qui sont toujours bien accueillies ». Il s’agit de « donner envie aux jardiniers amateurs de planter quelque chose, mais aussi de cueillir et de manger dans le jardin ».
Dans l’ancien presbytère (la Maison Saint Loup) est d’ailleurs prévue une « Maison des Jardins », destinée aux associations, aux particuliers amateurs de jardin ainsi qu’aux collectionneurs, afin de dynamiser un aspect déjà très présent dans la culture locale.
Plan du jardin du Presbytère par Thierry Jourd’heuil. « Le bois est accessible depuis le potager par une petite allée au tracé souple. Elle débute à la source et va vers le fond du jardin. Elle permet de relier le jardin à l’ensemble des espaces environnants (place, venelle St Loup) et aux futurs équipements (médiathèque  et lotissements) » TJ.

Le bourg

L-ancien-presbytere La-mediatheque Le-stade Place-de-l-eglise-et-vue-sur-la-vallee Place-de-nordwalde-02-avant-projet Place-de-nordwalde-03-avant-projet Place-de-nordwalde-04 Place-de-nordwalde-05 Place-de-nordwalde-06 Place-de-nordwalde-07 Place-de-nordwalde-et-ancien-presbytere-02-avant-projet Place-de-nordwalde-et-ancien-presbytere Place-de-nordwalde Rue-de-la-liberation Rue-de-la-mairie-02 Rue-de-la-mairie Rue-du-progres-

Le jardin du " Bon Accueil " autour de la maison Mory

Jardin dessiné par Giancarlo Fantilli

Un peu plus loin, la Maison Mory, ancienne résidence bourgeoise du dix-neuvième siècle, abrite depuis peu les cérémonies de mariage. La commune a demandé au paysagiste Giancarlo Fantilli de redessiner le parc afin qu’il porte bien son nom de « Jardin du Bon Accueil ». Le projet respecte le dessin ancien

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Au dessin longitudinal du jardin ancien, l’équipe de paysagistes a ajouté des parcours transversaux. Pour intensifier leur rôle visuel et inciter à la promenade, une petite fontaine en forme de « dolmen » est placée au fond de chacune de ces allées.
Grâce à un entretien, des tailles et des plantations, il lui assure une composition harmonieuse et lui apporte des éléments nouveaux. « Pour la grande bande centrale, de forme elliptique, les plantes choisies créent un point d’attraction visuelle très fort et offrent en toutes saisons des couleurs et des formes attrayantes ». De surcroît, ces plantes, roses, myosotis, grenadier, « ont une valeur symbolique qui renvoient à la mythologie ou aux récits populaires » au sujet de l’amour et du mariage. Les parcours à l’intérieur du jardin s’agrémentent du « bruit léger de l’eau qui glisse sur la pierre de huit petites fontaines (et qui) confère à ce petit jardin un esprit « magique » GF.

Les travaux

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Le jardin de la " Villa du Bon Accueil "

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Programme de plantations pour les quartiers

Dessin de Peter Briggs : « le coin du cimetière »

À l’échelle de la commune, l’artiste Peter Briggs propose une stratégie de plantations, à partir d’une analyse des terrains, de leur emplacement et de leurs usages. Il s’agit d’enrichir la gamme des végétaux existants, de créer des lieux et d’éviter la monotonie des plantations systématiques. Cela se manifeste par plusieurs modes de plantations et plusieurs sortes de liaisons avec la campagne. Il suggère « de tracer des cheminements pour les parcours vers les écoles, commerces, centres socioculturels (etc.) qui jouxtent des espaces plantés pour qu’il y ait une irrigation constante de piétons sur ces chemins ».

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Dans sa proposition de stratégie de plantation, « les feuillages sont variés, fins, quelquefois découpés et pour la plupart, mus par les vents. Environ 30 % sont persistants. Des étiquettes, ponctuellement utilisées, aident à une prise de conscience de la géographie d’origine des espèces, perceptible à travers leur nom en latin » PB
" La lisière entre les espaces publics et les jardins est plantée dès la construction par la municipalité, qui choisit sur une longue liste d’une centaine d’arbustes et de petits arbres à fleurs blanches et parfumées ceux qui conviennent pour la situation : exposée, ombragée, etc. En dehors de ces espaces dans les surfaces disponibles, je préconise différents types de plantations pour créer des lieux identifiables » PB.
Arbres d’essences diverses et colorées, petites collines, haies, vergers évoquent un mode de vie urbain qui n’a oublié ni les saisons ni la topographie.

Monument aux morts à la mémoire des fusillés de la Nivelle

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Ce projet s’attache à l’histoire du lieu. À l’endroit où furent fusillés en août 1944 quatre personnes, dans un pré de la ferme Rose en bord de rivière, a été édifié un monument aux morts qui se trouve aujourd’hui dégradé. Vincent Barré avec Sylvain Dubuisson ont repensé le dispositif traditionnel du monument afin de proposer un lieu dans le paysage qui soit propice à la méditation. Leur intention s’avère double : éviter une position caricaturale vis-à-vis de l’Histoire et situer l’événement dans son cadre.
« Leur base est elliptique et leur sommet circulaire de même diamètre. Le léger relief dû au découpage du polystyrène au fil chaud crée une surface vibrante, le vide en haut dessine des ellipses projetées, ainsi au soleil les sculptures sont-elles animées » VB.

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Le monument de la Nivelle

« Après avoir emprunté un petit chemin planté d’aubépines et de roses sauvages, on débouche en contrebas dans une clairière au bord du Loing, entourée d’une peupleraie. Là, se trouve un muret, comme une banquette, sur lequel est gravé le rappel à l’événement historique amillois ainsi qu’un extrait d’un poème de Paul Celan (Psaume) » VB. Sur le terrain herbeux, Vincent Barré pose quatre colonnes en fonte de fer presque identiques de 2,50 m de haut. « Leur disposition, trois et une, est un rappel du récit de l’exécution. Elles sont fabriquées comme des cercles de croissance d’un arbre. À chaque strate est associé un âge, la colonne la plus étroite évoque le plus jeune, âgé de 17 ans. La colonne isolée a l’âge du résistant qui a tenté d’agresser les exécuteurs, avant d’être fusillé, alors qu’il s’échappait dans la rivière ».
« Quand on est parmi les colonnes, il n’y a pas d’axialité ou de hiérarchie dans la noblesse de l’espace, pas d’élévation, ni de centralité. On se trouve alors dans un endroit un peu isolé et émouvant car on pense à la « dégueulasserie » des guerres — d’hier comme d’aujourd’hui. Le dispositif incite à être seul, tout en permettant un positionnement collectif pour les commémorations »
« En pénétrant dans la clairière, il faut d’abord longer le muret, puis le contourner, voir les colonnes selon une face, puis l’autre, et découvrir leur aspect creux. C’est une manière d’organiser l’espace et le temps » VB.

Waren wir, sind wir, werden
Wir bleiben, blühend:
Die nichts-, die
Niemandsrose

Strophe extraite de Psaume de Paul Celan. Quatre strophes en allemand sont intercalées de leur traduction en français par Martine Broda…

« Un rien / nous étions, nous sommes, nous/ resterons, en fleur : la rose de rien, de / personne… »

L'ancien monument

2002-02-25-ancien-monument-de-la-nivelle1 2002-02-25-ancien-monument-de-la-nivelle2 2002-02-25-ancien-monument-de-la-nivelle3

Le monument des fusillés de la Nivelle

2005-09-21-au-lever-du-soleil 2006-02-01 2008-08-propre-pour-la-ceremonie 2008-09-detail-d-une-colonne 2009-08-ceremonie-de-la-nivelle- 2009-08-ceremonie-de-la-nivelle-02 2010-05-09 2010-05-brumes-matinales 2010-08-29-allee-arboree 2010-08-29-M.maire-et-M.Sergent 2010-08-29-V.Barre-auteur-des-colonnes- 2010-09- 2010-09-09-apres-la-ceremonie

Conclusion

Les projets urbains et paysagers présentés ici ont pour ambition que les Amillois se sentent bien chez eux, dans leur commune. Cela n’advient que si la ville est pensée et voulue comme un lieu de vie, un lieu dans lequel chacun peut s’épanouir tout en participant à une collectivité. Maître d’ouvrage et maîtres d’œuvre partagent à Amilly la même aspiration : concevoir l’espace quotidien et commun dans le respect de tous et la qualité de l’ouvrage.
À cela s’est ajoutée l’association rare et réussie avec des artistes dans une majorité des projets. « L’artiste amène une touche humaniste : le repère de l’Homme dans la cité » Gérard Dupaty. L’art nous aide à voir, entendre et comprendre le monde qui nous entoure. Grâce à l’originalité et à la tenue du programme urbain, à Amilly, l’art accompagne la vie de tous les jours.