Vous êtes ici

Toutes les générations réunies pour commémorer le 11 Novembre

La cérémonie de commémoration du 11-Novembre a été marquée par la forte participation des élèves d’établissements scolaires et des adhérents de la Maison des Jeunes. Le signe encourageant d’un travail de mémoire accompli grâce, notamment, à l’action des associations d’anciens combattants, des enseignants et du personnel d’animation de la Ville.

Correspondante allemande d’une adolescente amilloise, Ina-Louise Kaeydel a, avec le maire d’Amilly Gérard Dupaty, déposé les gerbes au pied du monument aux morts. Un moment d’émotion, qui s’est accompagné de la lecture par les enfants d’extraits de lettres envoyées par les Poilus durant cette Grande Guerre.

 

Discours de Monsieur le Maire :

Il y a 100 ans, Français allemands et leurs alliés respectifs s’affrontèrent dans une guerre totale dont le bilan demeure tristement célèbre. La grande guerre, ainsi nommée, mobilisa plus de 60 millions d’hommes de toutes origines et de toutes confessions. Elle a fait plus de 8 millions de morts (dont 1, 8 M soldats français -1,2 M soldats allemands), 20 millions de blessés et mutilés. Le temps a passé. De nos jours, de part et d’autre du Rhin, l’idée de l’absurdité de cette tuerie sanglante s’est substituée peu à peu aux ressentiments belliqueux. Il aura fallu cependant le deuxième épisode de 1939-45 et son effroyable bilan humain pour que se développe enfin une prise de conscience, réellement volontariste, des mentalités pour aller vers une réconciliation durable. Le sacrifice de nos aïeux a sans aucun doute renforcé l’unité nationale, mais souvenons-nous, avant tout, que l’armistice du 11 novembre 1918 avait suscité un immense espoir de paix parmi ces millions d’hommes meurtris dans leur chair et dans leur esprit par la violence indicible des combats. « Plus jamais ça » tel était le slogan qu’ils prononçaient sans cesse ; « la der des ders » tel était le message qu’ils voulaient nous transmettre.

L’année 1917 reste à jamais marquée par l’offensive du général Nivelle entre Soissons et Reims, plus connue sous le nom de « bataille du chemin des dames ». En deux mois, d’avril à mai, on dénombre plus de deux cent mille morts (4 fois la population de notre Agglomération) pour une avancée minime de quelques km au mieux. Cette offensive qui devait enfoncer les lignes allemandes en 48 heures perdura jusqu’en octobre et la grande guerre une année de plus. Après le bain de sang de Verdun, ce nouvel épisode sanglant et stérile engendra un profond désarroi parmi les soldats et provoqua une vague de mutineries sévèrement réprimées par le général Pétain.

En cette année 2017, cette paix durable recouvrée entre nos deux nations et cette amitié indéfectible entre nos deux peuples, nous les devons assurément à la construction européenne, appuyée en cela par le traité de réconciliation Franco-allemande de 1963. Comme l’ont affirmé ses pères fondateurs, pour exister, l’Europe ne peut pas être seulement un dispositif technocratique mais aussi et surtout un rapprochement des hommes et des femmes, de leurs cultures, de leurs traditions et de leur quotidien. Force est de constater que depuis près de 70 ans maintenant, les initiatives de rapprochement, de partenariat et d’échanges se sont multipliées. Elles sont avant tout le fait de la société civile et des collectivités locales. Ces partenariats se sont imposés dans les relations entre Etats. De nos jours ils ne peuvent plus être ni sous-estimés ni ignorés. Des grandes villes européennes, au passé historique glorieux et emblématique, ont ouvert la voie, dès les années soixante, aux quelques deux milles jumelages actuels des villes et villages français et allemands. Le phénomène est si profond si ardent qu’il a gagné l’Europe toute entière ainsi que les grandes métropoles mondiales ; tant il est vrai que le besoin de se connaître et de se comprendre, d’échanger, de négocier, de collaborer est plus fort que l’affrontement vindicatif né de l’ignorance et de la convoitise.

C’est dans ce contexte bien vivant et porteur d’espérance, qu’AMILLY vient de fêter quarante années de Jumelage avec NORWWALDE. Au cours de ces années, ce sont quelques milliers d’écoliers et de collégiens qui se sont rencontrés avec profit à la faveur de stages, d’échanges culturels et sportifs. Cette ferveur européenne est un gage pour l’avenir qui ne peut que nous encourager à poursuivre ensemble dans cette voie.

La devise de notre République placardée au fronton de nos mairies LIBERTE EGALITE FRATERNITE, nous rappelle que la fraternité n’est pas une valeur innée de la nature humaine, elle est synonyme de tolérance et d’acceptation des différences. Nous nous devons sans cesse de la cultiver pour combattre l’ignorance, la violence, le mépris, l’intolérance. C’est à ce prix que nous progresserons vers le bonheur de bien vivre ensemble. C’est en cela que nous exaucerons le vœu de nos aieux morts pour la France : « Plus jamais ça » « Nie wieder Krieg »