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Expo photos "Médecins en Afghanistan" : le témoignage en photos de Jean-Luc Brémont

Chirurgien orthopédique et chef de service au Centre hospitalier de l’agglomération montargoise depuis 1994, aujourd'hui retraité, Jean-Luc Brémont a effectué plusieurs missions humanitaires en Afghanistan au début des années 1980. Photographe amateur, il a tiré de ces interventions des images, visibles à la Maison Saint-Loup du 12 avril au 5 mai. Récit de son expérience en Afghanistan… et ailleurs.

Les Soviétiques envahissent le pays en 1979 et la résistance afghane, emmenée notamment par le commandant Massoud, sollicite l’aide de l’association Aide médicale internationale (AMI) pour soigner les blessés combattants et civils.

Clandestin

Jean-Luc Brémont ne dispose évidemment pas de visa pour se rendre en Afghanistan. Depuis le Pakistan, il intègre les convois des résistants moudjahidines transportant des vivres, du matériel médical et… des armes à dos de chameaux ou de chevaux. Dans la clandestinité, le médecin franchit la frontière avec ses consœurs et confrères.

« Il fallait rester dans les zones contrôlées par les résistants sans se faire attraper. Ni par les Pakistanais, qui ne souhaitaient pas qu’on passe la frontière, ni par les Soviétiques », témoigne-t-il.

La troisième expédition est un échec : « Nous n’avons pas pu traverser certaines zones trop dangereuses à cause des combats. Nous avons donc décidé de faire machine arrière. »

Dans l’Himalaya

Pour atteindre leur destination, la vallée du Panchir, femmes et hommes, médecins et résistants, marchent pendant dix à quinze jours à travers les montagnes enneigées de l’Himalaya.

« J’ai fait de l’alpinisme, donc pour moi, c’était un rêve de faire ce trekking. D’autres, moins sportifs, ont eu plus de mal… », plaisante Jean-Luc Brémont.

« Expérience transformante »

Ses deux missions de six à neuf mois en Afghanistan lui font l’effet de vivre « sur une autre planète ». Les conditions de vie sont dures et précaires mais, malgré les privations, la population fait preuve d'un grand sens de l'hospitalité. « Un jour, je pars à pied soigner quelqu’un dans un village situé à plusieurs kilomètres. Je croise un homme à cheval, il me propose de me laisser sa monture… Vous voyez quelqu’un proposer à un autostoppeur de prendre sa voiture ici ? »

 Médecine de guerre

Les blessures causées par les mines antipersonnel sont légion et les interventions des médecins n’ont rien de classique. On opère souvent dans l’urgence et, évidemment, les diagnostics sont établis sans l’appui de radios ou d’analyses et pour cause : il n’y a ni appareil de radiologie ni laboratoire !

De Massoud à Arafat

Par deux fois, il intervient au Liban au plus fort de l’opération « Paix en Galilée » correspondant à l’invasion du pays par Israël durant l’été 1982. A Beyrouth ouest, où l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a trouvé refuge après avoir été chassé de Jordanie en 1969, il rencontre son leader Yasser Arafat venu visiter en compagnie de Bernard Kouchner le lycée franco-libanais Abdel Kader converti en hôpital.

Exposition photos « Des médecins français en Afghanistan- 1981-1983 »

A voir du 12 avril au 5 mai à la Maison Saint-Loup

  • Les vendredis et samedis de 15 h à 19 h
  • Les dimanches de 9 h à 12 h et de 15 h à 19 h
  • Lundi 22 avril de 15 h à 19 h
  • Mercredi 1er mai de 15 h à 19 h

Vendredi 3 mai à 18 h. Conférence de Laurence Laumonier et Capucine Roux de Bretagne, médecins ayant exercé en Afghanistan avec le Dr Brémont. Rendez-vous à l’auditorium de la médiathèque. Entrée libre, dans la limite des places disponibles.